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4 mars 2019 DRAGON JAZZ – Blue Silence

DRAGON JAZZ – Blue Silence

Au cours d’une vie, il arrive qu’on croise des personnes avec lesquelles il est possible de faire un bout de route commune, voire de coopérer dans la création artistique. C’est manifestement le cas pour ces deux musiciens tellement passionnés par la musique orientale qu’ils en ont assimilé non seulement les codes mais aussi la manière d’exprimer sentiments et idées.

Tristan Driessens, à qui l’on doit toutes les compositions de cet album, joue du luth, un instrument qu’il a travaillé avec des maîtres de la musique ottomane et qui lui permet d’explorer toutes les subtilités tonales ainsi que leurs modes d’organisation qu’on appelle maqams. Son partenaire de longue date est Robbe Kieckens qui, sur ses percussions, prend en charge les rythmes complexes permettant aux mélodies de se dérouler à l’infini et de gravir progressivement les degrés vers un état de totale apesanteur. Mais d’autres musiciens ont aussi été conviés à l’enregistrement et leurs apports diversifient le projet, l’ancrant parfois dans une approche plus jazz ou lui donnant simplement une palette de couleurs élargie. C’est le cas par exemple dans le superbe Amira agrémenté d’un saxophone ténor et de subtiles vocalises. Ney (flûte orientale), baglama (une sorte de luth à manche long utilisé en Iran ou en Turquie), kemençe, violons et même une Vieille à roue apparaissent ainsi au fil des plages en complétant des toiles aux tonalités ondoyantes qui invitent au voyage.

Cette musique qui vient du fond des âges renvoie à des notions de géographie en évoquant la Méditerranée et, plus loin, les steppes d’Asie mais aussi à des considérations astrales, cosmologiques ou simplement liées à la Nature qui se devinent d’ailleurs dans certains titres donnés aux compositions : Danza Del Sol, Blue Silence, Lueurs, Evening Light In Rigny … En se prêtant au jeu de l’improvisation, Tristan Driessens et Robbe Kieckens ont puisé dans la tradition orientale des éléments qu’ils ont ensuite assemblés selon leurs propres désirs et à partir desquels ils ont imaginé des variations qui les ont enrichies.

La pureté mélodique et l’envoûtement des rythmes sont ici au-delà de tout esthétisme et, bien sûr, de tout exotisme. Que des musiciens européens aient à ce point compris et assimilé l’expression culturelle d’autres civilisations dont les racines remontent à l’aube de l’humanité constitue l’antithèse du repli sur soi. En ce sens, ce splendide album participe pleinement à l’interculturalité et, bien au-delà, à l’utopie possible d’un monde stable et apaisé.


 

http://www.dragonjazz.com/nouveau.htm?fbclid=IwAR2Y9DKf9HAeeq_ta1mZdSgXsTxL_K-uNpQyYP-9p06Dprw7wlCdIFIehQAY#td_blue_silence

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