14 août 2018

BabelMed – Nadia Khouri-Dagher

ESTEBAN MURILLO, Mi verdad, Homerecords

Racines, racines… : le flamenco fleurit aussi en Belgique, qui l’eût cru ? Grâce à la mondialisation et aux migrations inter-européennes qui se sont fortement développées au siècle dernier, Esteban Murillo a grandi à Charleroi en Belgique, au son des guitares flamencas de son grand-père et de ses oncles maternels, et a le coeur flamenco depuis son enfance…

Formé à la guitare classique et au chant, son premier album, Leyenda, naviguait entre pop et flamenco. Dans ce deuxième opus l’artiste revient aux racines du flamenco, et nous séduit totalement avec son chant vrai et expressif et son sens du rythme.

Esteban Murillo a voulu rendre hommage à Federico Garcia Lorca, dont les poèmes le nourrissent, et il chante ses poèmes dans presque la moitié des compositions de l’album, sur des musiques composées par lui-même ou par des amis tels que Anthony Carrubba ou Myrddin De Cauter.

Parfois un piano s’invite (« Dos tintas »), ou bien une trompette suave s’insinue (« Aire nocturno »), pour créer un univers singulier, pour créer tout court, tout en demeurant dans le monde et l’esthétique flamenca.

La voix : c’est la voix qui, en dernière instance, est la plus importante dans le flamenco. Bien plus que les textes, que la musique, ou le rythme. Son expressivité. L’émotion qu’elle dégage. La douleur qu’elle sait traduire. La passion aussi. Et, sans même le voir sur scène, à la seule écoute du disque, l’on sent que Esteban se donne corps et âme à son chant. Comme le flamenco l’exige. Héritages, héritages : Esteban Murillo, grandi en Belgique, est bel et bien de sang Espagnol !

 


https://www.babelmed.net/article/8955-muzzika-juillet-aout-2018/

 

 

 

 

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