21 février 2018

Jazzaroundmag.com – Joseph Boulier – 20/02/2018

Depuis qu’Anouar Brahem nous a happés dans sa machine à envoûter, on a l’impression que le nombre de joueurs d’oud recensés ne cesse d’augmenter. Effet de mode ou juste retour à l’avant-plan d’un instrument de musique fabuleux ?Qu’importe en fin de compte. De Dhafer Youssef à Rabih Abou-Khalil, en passant par Mehmet Polat découvert il y a peu (et dont le dernier album a également été édité par le label Homerecords), les oudistes apportent au jazz un vent de fraîcheur et des sonorités nouvelles. Et ça, on adore ! Celui-ci se nomme Tristan Driessens. Si son patronyme ne peut masquer ses origines belges, on ajoutera néanmoins que ce musicien a séjourné aussi quelques années en Turquie pour y perfectionner son jeu. Pour ce premier album répertorié sous l’appellation « Soolman » (l’homme possède bien d’autres cordes à son arc), Tristan Driessens s’est largement inspiré de la musique classique turque (makam). Mais à bien écouter de plus près, on y perçoit également les reflets discrets venus d’autres horizons : celui du jazz (Tempest of Joy) et celui de la musique classique (le très beau Vivifice Spiritus Vitae Vis qui clôt l’album et que l’on doit au compositeur milanais Guido Morini). Et c’est en cela que ce disque-ci (ou plutôt ces lettres qu’il adresse à une jeune luthière autrichienne) diffère des albums dont l’oud est l’instrument de tête. En effet, si on excepte les percussions (le bendir, le tombak), les autres instruments utilisés par le quartet appartiennent à la famille des instruments traditionnels occidentaux (le violoncelle, le saxophone, la clarinette…). Un mixage Orient/Occident réussi et recommandé !


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