Musette – Jean-Luc Matte – 31/03/2017

A l’écoute des premières minutes de l’album on s’étonne presque d’entendre des sonorités trad. irlandaises sur une production de chez Homerecords, ce label liégeois qui, comme je vous le fais comprendre bien souvent, par son goût pour les musiques acoustiques n’est jamais loin de l’esprit des musiques traditionnelles, mais rarement vraiment dedans tout de même. Et de fait, la suite nous offrira des passages davantage jazz acoustique, mélodique, avec de belles parties de trompette et même une de guitare électrique (sans distorsion, naturellement, façon jazz). Et puis un petit quelquechose laisse entrevoir que ces mélodies au gout irish ne sont pas traditionnelles, ce que la pochette nous confirme bien vite et qui n’est pas pour me déplaire car elles ne manquent pas d’inspiration et collent bien avec l’esprit du trio.

Commençons donc d’abord par ces plages qui sonnent irlandais : non pas irlandais comme on l’entend trop souvent de nos jours, avalant du reel au km à une vitesse qui ne laisse plus le temps de regarder par la fenêtre, non, ici un violon un peu fantasque, autour duquel tourne une guitare espiègle, tous deux bientôt rejoints par une mandoline qui vient discrètement doubler le violon, trottent tranquillement sur un chemin de terre, comme des enfants en vadrouille, tantôt sautillant puis ralentissant sans prévenir pour observer un papillon ou une fleur puis repartant de plus belle. Difficile parfois de démêler qui fait quoi entre le violon de Lorcan Fahy, la guitare de Teo Crommen (qui doit être de la famille de l’harmoniciste Thierry Crommen puisque ce dernier est présent en invité sur une belle plage) et la contrebasse de Lucas Deru (une famille bien connue également…) car les deux premiers manient également la mandoline et à toutes ces cordes se rajoute parfois le violoncelle de Thomas Engelen.

Je vous ai déjà cité la trompette d’Antoine Davans, à la belle sonorité intimiste (un peu dans le style de celle de Camille Passeri au sein du Sextet à claques), ne reste plus qu’à nommer le dernier invité : Antoine Rotthier à la batterie.

Les parties façon trad. alternent bien avec les passages plus jazzy dans un bel équilibre qui relance sans cesse l’attention. Les musiciens se mettent mutuellement en valeur (1) et ne s’étouffent jamais les uns les autres… De la belle ouvrage…

(1) servis par une belle prise de son…

 


http://musette.free.fr/infos.htm

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