La Terrasse – Jean-Luc Caradec – 25/10/2017

Une voix et un saxophone pour guides dans une relecture subtile et passionnée des « Canciones populares », sauvées de l’oubli en 1931 par le poète Federico Garcia Lorca.

Le saxophoniste de jazz Jean-Marc Padovani voue depuis longtemps une fascination au continent musical espagnol, qui s’est déjà traduite par des dialogues intenses avec de grandes voix venues d’Andalousie, comme Carmen Linares ou Esperanza Fernandez. Mais peu de jazzmen semblent avoir su, comme lui, sonder l’âme de la musique espagnole avec une telle profondeur, émotion et humilité. « Je fais partie de ceux qui pensent que le jazz est principalement caractérisé par son ouverture vers d’autres formes musicales. Une musique ouverte parce qu’aux aguets ; une musique diverse parce qu’inlassablement réinventée par ses interprètes. » confie le saxophoniste. Associé à la merveilleuse Paloma Pradal, jeune cantaora toulousaine de 25 ans, le vieux lion Jean-Marc Padovani s’est engagé depuis plusieurs années déjà dans la réappropriation du répertoire des « Canciones populares antiguas », ces mélodies anonymes populaires espagnoles dont les plus anciennes remontent au début du XVème siècle. Des chansons qui furent sauvées de l’oubli par Federico García Lorca qui alla même jusqu’à les enregistrer en 1931 en accompagnant au piano la chanteuse La Argentinita. Cette exploration minutieuse de Jean-Marc Padovani arrive aujourd’hui à son terme avec la parution d’un très beau disque sur le label belge homerecords.be, prolongé par deux concerts franciliens. Le saxophoniste et la chanteuse délivrent une interprétation sertie dans des arrangements raffinés pour contrebasse, percussions et quatuor à cordes. Une inestimable redécouverte.

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