Flali in Chicago – Thirionet Philippe

En parallèle du Festival Home Records, la maison de production nous offre l’occasion de découvrir une toute nouvelle sortie discographique, celle du groupe Zanzibar d’ailleurs présent lors de ce festival (voir article sur le Boogie Woogie). Composé du pianiste Renaud Patigny, la formation présente également en son sein Désiré Ntemere (chanteur venant du Burundi), Kankan Bayo (percussionniste venant de Guinée) et Geneviève Dartevelle qui reprend à sa charge l’harmonica et le didgeridoo.

Dans un bel écrin dominé par la couleur mauve, on découvre une belle décoration faite de photos des artistes, poussant l’auditeur à porter une oreille attentive au contenu sonore. Ce dernier démarrant par un chant typique africain suivi de percussions exotiques, la langue kirundi et l’harmonica nous font osciller entre Afrique et Amérique profondes. Dès la première composition, on constate un jeu technique précis qui effectivement transpose parfaitement l’ambiance des contrées visitées. Le son du xylophone complète alors un tableau coloré et varié, qui bascule vers une ballade western où harmonica et piano nous transportent petit à petit vers le blues. Transport appuyée par le chant qui se fait ici en anglais.

La plage titulaire qui introduit l’orgue, nous installe définitivement dans l’ambiance « Boogie Woogie » où, l’on continue à traverser les continents passant toujours du Chicago pure tradition aux lointaines contrées africaines. Le travail qui respire la finesse, colle parfaitement avec les grands standards du blues avec ce foutu harmonica qui nous transperce les oreilles pour mieux y imprimer ses gammes. Des ballades blues posées font jeu égal avec d’autres morceaux plus enroulés où, le tempo s’accélère au gré des notes de piano et d’harmonica. N’oublions point le travail remarquable de Kankan aux percussions.

L’Afrique traditionnelle nous revient à travers des compositions plus typées où, chant en kirundi et percussions exotiques entrecroisent le chemin de l’harmonica. Comme lors de leur prestation scénique l’humour n’est pas oublié, avec une chanson dédiée au Monstre Monsanto où le « Bain Mouse » prend plutôt des allures de satire. On retourne vers ensuite vers le blues façon « Boogie Woogie » avec toujours un jeu rapide au piano caractéristique de cet ancestrale courant musical, encore parfaitement épaulé par le son de l’harmonica.

Voyageant sans cesse de l’Afrique à l’Amérique, Zanzibar nous offre ici un parcours initiatique destiné à retrouver les racines des musiques et des cultures rattachées à ces deux continents ? Voilà comment s’instruire à partir de la musique, à bon entendeur salut !

– Zanzibar
Thirionet Philippe

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