5 novembre 2009

Alice Bossut

Dans une ambiance oscillant entre musique médiévale, classique et rock, Aranis taille sa route. Aranis c’est un groupe dont le noyau dur réunit Liesbeth Lambrecht au violon, Marjolein Cools à l’accordéon, Stijn Denys à la guitare, Jana Arns à la flûte traversière et Joris Vanvinckenroye à la contrebasse. Ce dernier est également le compositeur du groupe, et a récemment signé l’album solo « Cycles » sous le patronyme de BASta!, que l’on avait fort apprécié à sa sortie, il y a presque un an.

« Songs from mirage » est composé comme une œuvre classique, débutant par une ‘ouverture’ et se clôturant par un ‘finale’ figurant sur la track-list. Le piano et les cordes y ont la part belle. Ils tissent de sombres toiles sur lesquelles viennent évoluer trois voix féminines (Els Van Laethem, Anne Marie Honggokoessoemo et Herlinde Ghekiere).

Musique filmique, souterraine, elle fait plus penser au répertoire baroque ou romantique qu’au rock contemporain. Les vocaux secrètent cette teinte surannée, très soutenue, des chants médiévaux, la langue est inconnue, le chant parfois mélancolique.

« Lullaby », le morceau le plus aérien de l’album, laisse une voix mener le jeu, soutenue par une rythmique discrète de contrebasse et rehaussée de vocalises à trois notes, plus haut dans les aigus. Repris par la flûte et l’accordéon, le thème s’étoffe ainsi de nombreuses résonances. Sur « Airesym », c’est le piano qui tient la barre, assombri par des accents de contrebasse. Des pizzicati de violon les rejoignent, ainsi que l’accordéon. Le ton monte.
Sur « Out Ama », c’est une bataille de cordes et de piano qui éclate dans une ardeur théâtrale.

Ce qui est frappant c’est surtout la variété de tons, de climats. Menaçante, inquiétante, douce ou furieuse, l’orchestration aime à faire monter la tension. Et puis, après l’orage, la tranquillité revient. On reconnaît le composteur de « Cycles » à ses variations hypnotiques, notamment sur « Jelimena » titre caractérisé par une structure mélodique simple, sur laquelle viennent peu à peu se greffer les autres instruments.

On pourrait évoquer le groupe DAAU, même si ce dernier s’inspire davantage des musiques actuelles. Effectivement, la couleur ‘classique’ rebutera peut-être les amateurs d’Ezekiel ou du Chapelier Fou, mais une affinité est tout de même perceptible. Difficile à étiqueter, la musique de ce groupe pourrait aisément servir de BO cinématographique…

http://www.aranis.be/

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