21 mars 2018

Quatremille – Cécile Botton – 20/03/2018

ÇA BALANCE AU FIL DES MOIS… APÉRO JAZZ, UNE INVITATION AU VOYAGE !

Chronique : Cécile Botton 

Comme chaque mois, nous vous proposons de découvrir un artiste ou une activité liés à ce projet. Ce mois-ci, nous mettons à l’honneur les Apéros Ça Balance, une belle vitrine pour les artistes qui y participent.

C’est plein d’entrain que je me suis rendue au Centre Culturel des Chiroux. Là, vin, jus de fruits et autres chips m’attendaient ! Quoi de mieux pour commencer une soirée ! Le principe est simple, un apéritif suivi d’un concert de deux fois 45 minutes. Ce soir, c’est au tour d’Oriental Jazz project et de Sitardust de fouler cette scène afin de nous présenter leur nouvel album. Une belle opportunité pour se faire connaitre !

D’entrée de jeu, Marie Fikry nous embarquent sur les terres nord-africaines de ses origines tout en s’ancrant dans un univers jazzy très actuel. Bercée par les mélodies douces et harmonieuses s’échappant des différents instruments, je fus happée par un subtil mélange de musique du monde et de jazz qui a mis mon oreille en émoi ! Soutenus par la contrebasse, ses doigts effleurent les touches de son piano au rythme d’un jeu de batterie délicat et de percussions orientales se développant tout en finesse… Avec l’album Proche Orience d’Oriental Jazz project, on s’envole loin, très loin… un voyage à travers deux cultures à écouter au coin du feu !

Après l’entracte, c’est au tour Sitardust que j’avais découvert à l’occasion des 15 ans de Ça Balance. Lors de la chronique consacrée à cet événement, j’avais évoqué l’envie de les revoir dans un endroit intimiste. C’est chose faite… Petit bonus, je vous livre les confidences de leur leader, Joachim Lacrosse, ou l’alchimie d’un musicien philosophe :

« Bonjour, je m’appelle Joachim. Dans les années 80, j’étais guitariste dans des petits groupes et puis durant ma thèse de doctorat, j’ai mis la musique entre parenthèses. C’est en 1999, durant un voyage à Bénarès en Inde, que j’ai commencé à apprendre le sitar. Depuis, cet instrument ne m’a plus quitté. Au début, je jouais juste pour le bien-être qu’il m’apportait. Peu à peu, j’ai commencé à jouer d’une manière peu conventionnelle et là, j’ai ressenti le besoin de composer. Le sitar est un instrument du nord de l’Inde, mais très vite mon style est devenu hybride car un autre instrument, la vîna originaire du sud m’a également influencé. Il s’agit d’une fusion entre ces deux styles : la musique du nord de l’Inde, hindustani et celle du sud, carnatique. Sans oublier tout ce que j’ai écouté intensément, toutes les personnes qui m’ont touché à différents moments de ma vie et donc, il m’est très difficile de dire ce qui m’a influencé plus particulièrement. En fait, j’entends des ritournelles dans ma tête… elles deviennent tellement obsédantes qu’à un moment donné, elles doivent sortir. D’ailleurs, je conçois la création comme une grossesse pendant laquelle j’imagine que je vais faire une fausse couche mais finalement, j’accouche toujours dans de bonnes conditions !

Ainsi est née l’envie de travailler avec des musiciens issus du jazz, du classique, du folk et même du rock comme Catherine Graindorge. Depuis 2012, Sitardust grandit avec tous ces artistes extraordinaires qui m’ont rejoint : aux percussions, Carlo Strazzante et BC Majunath remplacé par Balakumar Paramalingam pour les concerts, les saxophonistes Grégoire Tirtiaux et Fred Becker, les violonistes Renaud Crols et Catherine Graindorge, la Violoncelliste Charlotte Danhier remplacée par Merryl Havard lors des live et puis la chanteuse Raphaëlle Brochet. Au total, nous sommes neuf. Un projet assez novateur mélangeant des ingrédients assez traditionnels comme, le violoncelle avec les percussions indiennes ou le sitar avec le saxophone. Ce sont les rencontres entre ces différents timbres qui provoquent au niveau sonore quelque chose d’intéressant, d’inhabituel. Ce n’est ni de la musique indienne, ni du jazz, mais une petite niche musicale dans laquelle je me suis littéralement vautré pour mon plus grand bonheur. Petit à petit, le projet s’est construit et l’album est devenu un aboutissement logique, une évidence. Alors, j’ai contacté Michel Andina pour l’enregistrement qui s’est étalé sur un an à raison d’une session par mois. En effet, nous éprouvions le besoin de laisser reposer et mûrir nos morceaux.

L’album est sorti en novembre 2016 et a reçu avec un très bon accueil de la presse. En octobre 2017, nous avons participé à l’émission de Didier Melon, le monde est un village. Dernièrement, nous avons joué au Botanique dans le cadre de Propulse. Les dates de concerts se succèdent et je ne peux que remercier tous les gens qui m’ont tendu la main. Autant les musiciens qui ont accepté de jouer avec moi alors que je venais de nulle part, que Michel Andina, notre ingénieur du son, Michel Van Achter, le directeur de Homerecords, les programmateurs de concerts et puis Manuel Buschgens avec toute l’équipe de Ça Balance. Depuis deux ans, ils nous ont vraiment portés. Nous avons profité du studio de la province de Liège, de leur matériel et de Jean-François Hustin, leur ingénieur du son. Ils nous ont offert une chouette visibilité grâce à la compil, au concert des 15 ans et à l’apéro de ce soir. C’est toute une équipe qui nous a encouragés avec des critiques constructives. Une aide est très précieuse ! Par ailleurs, j’en profite pour saluer leur ouverture puisque nous sommes un groupe bruxellois.

En tout cas, croyez en vos rêves, car il y a un moment où l’osmose prend ! N’hésitez pas à parler de votre musique, à aller voir les autres, à leur demander si ça les intéresse… C’est ainsi que notre projet a vraiment pris corps… grâce à l’entourage, au public, à tout cet amour qui irradiait de partout ! Après les concerts, des gens sont souvent venus me dire : «Vous m’avez fait du bien, j’ai eu une mauvaise journée et grâce à vous, je me sens beaucoup mieux.». Je ne suis pas musicothérapeute, je fais juste de la musique. Mais la musique c’est de l’amour, c’est une thérapie pour tout le monde. D’ailleurs, comme le disait Nietzsche : « Un monde sans musique serait une erreur. ». Ce côté bien faisant de la musique a toujours représenté une très grande motivation.»

Mais revenons au concert ! Après l’entracte, je poursuis mon voyage avec Sitardust en formule quartet. Joachim au sitar, Carlo Strazzante et Balakumar Paramalingam aux percussions, et Merryl Havard au violoncelle. Comme Joachim l’a relevé plus haut, sa musique nous emmène sur le chemin du bien-être. Tout à coup, le temps s’arrête, mon corps se relâche et mon esprit s’évade. Sous l’effet des harmonies exotiques, la joie m’envahit ! Après une semaine bien chargée, c’est juste un moment de pur bonheur suspendu dans le temps ! Alors dans un monde où vie rime avec rentabilité, performance, efficacité, vitesse,… un tout grand merci à vous pour cet instant intemporel !

Envie de découvertes, participez au prochain Apéro Ça Balance ! Pour la modique somme de 6 euros, partez en voyage… Dépaysement garanti !

A suivre sur leur page Facebook : https://www.facebook.com/cabalancemusic/ ou sur leur site : http://www.provincedeliege.be/fr/cabalance.

 


ÇA BALANCE AU FIL DES MOIS… APÉRO JAZZ, UNE INVITATION AU VOYAGE !

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