Babelmed.net & artsresistances.net – Nadia Khouri Dagher – 04/2017

Nous avons découvert Mehmet Polat en novembre 2014, à l’occasion de son premier album, « Next Spring », où déjà l’artiste faisait dialoguer son ‘oud avec la kora africaine et la flûte ney, turque comme lui-même ( http://www.babelmed.net/muzzika/13691-muzzika-novembre-2014-.html ).

Il poursuit ici ce dialogue, à la différence qu’ici la kora est jouée par une femme, ce qui traditionnellement était interdit en Afrique (où seuls les griots étaient autorisés à toucher cet instrument, supposé magique comme nombre d’instruments), et qui plus est : une blonde européenne, la musicienne hollandaise Dymphi Peeters ! Pour le ney, c’est un compatriote, Sinan Arat, qui officie…

« Je compare parfois l’enregistrement d’un album à la création d’un jardin. Mes compositions sont comme des graines, qu’il faut planter dans le bon jardin à la bonne saison. Après avoir planté, je dois leur donner de l’eau et les aider à grandir. De nombreuses idées musicales que je cultivais depuis des années ont pris forme dans cet album. Et de la même façon que les jardins ont besoin d’espace pour respirer et s’épanouir, mes compositions impliquent toujours beaucoup d’espace pour improviser (…). La musique est pour moi une connection de coeur à coeur… » : dans le livret, l’artiste nous livre un peu de sa philosophie musicale.

L’album est empreint de douceur et d’harmonie, qui se reflète dans les titres : « Histoires intouchées », « En murmurant aux vagues », « Sérénité », « Prière du soir »… Les thèmes musicaux et les chants, enracinés en Turquie comme l’artiste qui est né là-bas et vit désormais aux Pays-Bas, voyagent, des Balkans à la Perse, en passant par toutes les contrées imaginaires nées dans l’âme et l’esprit de nos trois troubadours… Un album à la fois délicat et intense, tel une fleur de coquelicot, fleur sauvage qui a besoin d’espace et de liberté…

 


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