Music in Belgium – Philippe Thirionet

Dans l’esprit du Festival d’Art de Huy et selon la volonté d’ouvrir notre horizon sonore à d’autres courants musicaux, voici un bel exemple d’album proposant quelque chose de très différent pour nos lecteurs. A la frontière du jazz, du classique, de l’improvisation ou de la World Music, le groupe Diab Quintet offre un autre horizon musical construit à partir du classique, de musiques proches de celles des Balkans, de sonorités jazzy ou d’Amérique du Sud, mais aussi proche de certaines musiques de film.

Bien sûr l’accordéon diatonique (instrument à clavier et à vent, utilisant des hanches libres apparenté aux accordéons bi-sonores) est ici l’instrument de pointe, parfaitement manié par Jonathan De Neck le compositeur de la formation. Une section classique l’épaule dans son travail grâce à une équipe composée d’ Esinam Dogbatse (flûte et percussions), Sébastien Taminiau (violon et contrebasse), Corentin Dellicour (violoncelle) et Rui Salgado (contrebasse, guitare et bansuri).

Dès la première composition, on oscille entre musique classique et sonorités venues du Brésil ou d’Argentine, nous offrant d’emblée un travail précis et bien orchestré. Bien loin de nos habituels standards, la formation de Jonathan De Neck nous fait voyager entre bossa-nova, tango et musiques de film des années 70. L’accordéon diatonique imprime un son vintage, accompagnant parfaitement violon et contrebasse au sein d’une mélodie envoutante et nostalgique. La plage titulaire utilisant un tempo plutôt lent, construit ici une complainte classique lancinante où, l’accordéon revient nous réveiller.

Ce même accordéon qui marque d’une empreinte indélébile les mélodies des différents morceaux, nous rappelant la nostalgie des films français des années 70. On perçoit aussi le rythme de danses médiévales ou de valse, sans oublier des sonorités proche du monde du jazz tout en gardant ce petit côté sud-américain. Les passages lyriques sont eux-aussi nombreux, avec aussi un côté plus rock sur « Down The Rock » où les percussions emballent l’ensemble sonore. Quant à la flûte, elle ensorcelle le violoncelle sur « Maple Leaves », pour une composition plus proche de l’improvisation et des contrées de l’Est.

Des empreintes de Tsiganes ou de saltimbanques complètent le tableau musical réalisé par ce jeune groupe belge, qui s’est déjà pas mal produit sur scène. Que tous ceux qui veulent découvrir quelque chose d’autre tendent une oreille et pour les autres, cela ne coûte rien d’essayer !

Mot clé :
%d blogueurs aiment cette page :